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La plante que les Amérindiens nommaient « le pied de l’homme blanc » se retrouve à peu près partout sur les gazons, aux bordures des chemins, et surtout, en plein soleil.
Ses feuilles plates au ras du sol lui permettent de passer juste sous les lames de la tondeuse ! On le retrouve aussi beaucoup sur la ligne médiane des chemins de bois, là où passent quelques véhicules de temps en temps. Les rainures de ses feuilles sont uniques et faciles à identifier : elles courent parallèlement d’un bout à l’autre de la feuille et se rejoignent à chaque extrémité. On dirait que la feuille a été griffée. Au fil de l’été, le plantain a "fleuri". On ne voit pas très bien ses fleurs : elles sont minuscules et se développent le long de l’épi dur qui jaillit du milieu des feuilles. Ensuite, cet épi central se couvre de petites capsules brunes qui renferment plein de toutes petites graines noires.
En cas de doute, ne récoltez pas de plantes à des fins médicinales.
Mode d’emploi
Une des premières utilisations des feuilles est d’en faire un cataplasme en externe.
Si vous ne doutez point de l’identification de la plante, récoltez ses feuilles avant ou après la floraison (et non pas pendant - sauf pour en faire un cataplasme immédiat). En plus des feuilles, on peut également utiliser les racines. Vous aurez peut-être besoin de laver les feuilles si elles ont de la boue et vous devrez certainement laver les racines si vous décidez de les récolter. Lavez donc à grande eau, essorez avec un linge et laissez sécher une heure ou deux sur des moustiquaires.
Feuilles crues
Une des premières utilisations des feuilles est d’en faire un cataplasme en externe. Il suffit de récolter quelques feuilles, d’enlever la terre qui pourrait s’y trouver (en brossant légèrement sur son chandail), de bien mâcher les feuilles et d’appliquer la pâte ainsi obtenue sur des piqûres ou des blessures. Le plantain saura neutraliser le poison de la piqûre (l’effet est à peu près immédiat !) alors que sur une blessure, le cataplasme de plantain apaisera et entamera le processus de guérison.
S’il y a des morceaux dans la plaie (verre, gravelle, terre, écharde), le plantain pourra tirer ceux-ci vers l’extérieur. Cette capacité d’extraire fonctionne aussi très bien sur les furoncles. Les feuilles crues de plantain se mangent également. Il faut pour cela choisir les feuilles minces et les couper en fines lamelles, à ajouter aux salades.
Transformations
La prise de plantain en interne aide aussi à neutraliser les poisons et toxines.
Mettez les feuilles et les racines dans un pot de verre qui convient à la quantité de plantes que vous avez. Puis, versez de l’alcool à 40%, de la glycérine végétale (diluée à moitié avec de l’eau) ou de l’huile d’olive sur les feuilles, et ce, jusqu’au bord du pot. Laissez macérer pendant 4 à 6 semaines. Ensuite, tamisez les plantes et gardez le liquide. Les extraits dans l’alcool (« teinture ») et dans la glycérine (« glycéré ») s’utiliseront surtout en interne, à raison de 5 à 15 gouttes dans une gorgée d’eau, 1 à 5 fois par jour.
Ces préparations ont des effets bénéfiques sur toutes les muqueuses du corps, particulièrement celles de l’intestin. Elles aideront à refaire la muqueuse aux prises avec un ulcère, qui a souffert de diarrhée ou de constipation, elles aideront s’il y a du mucus dans les selles, des saignements et/ou des hémorroïdes. De plus, ces préparations de plantain aident la vessie irritée, la gorge irritée, ainsi que toutes les muqueuses du système respiratoire, surtout lorsqu’il y a beaucoup de mucus.
La prise de plantain en interne aide aussi à neutraliser les poisons et toxines. Cette application convient en cas d’empoisonnement ou de réaction allergique. Dans ces cas, augmenter la dose à 20 gouttes aux 5 minutes, pendant un maximum d’une heure. Pour l’usage en externe, l’huile de plantain (« huile infusée » ou « huile macérée ») est couramment utilisée, tel quel ou en onguent. Ce dernier est constitué de la même huile, solidifiée avec de la cire d’abeille et/ou de la lanoline. On applique ces préparations sur tous les troubles de la peau : éraflure, coupure, brûlure, contusion, démangeaison, irritation, urticaire, ampoule, eczéma, hémorroïde... Le plantain soulage et favorise la guérison.
Cousin du psyllium
Pour un peu plus d’information, sachez que le plantain est un cousin proche du psyllium, dont l’écorce des graines est souvent utilisée en poudre comme laxatif. Bien que cette utilisation puisse être transférée à notre plantain commun, l’écorce de ses graines peut donner des gaz et rendre son utilisation moins aisée que celle du psyllium.
